Les anges sont vaniteux – chapitre 144

Dimanche 12 avril

La journée a commencé par 6 h par un cri de Lionel qui venait de marcher sur un œuf en chocolat. Tout le monde a sauté du lit en se réjouissant d’avance pour la sieste qui allait suivre le dîner. J’ai passé deux heures à pomponner les petits McNeil puis nous sommes allés à la messe de Pâques.

La messe de Pâques… Plein de souvenirs me remontent de l’enfance.

Quand j’étais petite, Pâques ne ressemblait pas à la fête qui fait rêver mes enfants aujourd’hui.  Oeufs de PâquesChaque année, je subissais une série d’épreuves digne d’Hercule. Je devais d’abord traverser l’interminable carême qui me privait de bonbons. Je n’aimais pas ça, mais l’obligation de faire une croix dessus me les rendait plus attrayants qu’une gourde d’eau dans le désert.

Le jeudi saint, quand la cloche des vacances sonnait, j’entreprenais le grand périple qui allait me conduire à la récompense ultime. Tandis que mes amis sortaient jouer, je partais à l’église avec mes parents pour une messe suivie d’une séance de prière. Le vendredi, ça durait toute la journée. Le matin, il y avait la cérémonie du pardon, l’après-midi l’interminable et soporifique lecture de la passion et le soir le chemin de croix. Je préférais cette dernière partie parce qu’au moins on bougeait un peu. Le samedi était libre (on regardait Jésus de Nazareth…) et après souper, on retournait à l’église pour la bénédiction de l’eau. Puis arrivait enfin le dimanche matin et la grand-messe de Pâques. C’était le bonheur, l’orgie, la résurrection.St-Petersbourg

Pas juste pour Jésus, pour Anne aussi.

Mon père disait que j’avais des ressorts dans les fesses tellement je gigotais. Quand on rentrait à la maison, je sautais dans ma montagne de chocolat. J’en avais pour des jours à grimper dans les rideaux. Ma mère attribuait mon excitation au sucre, mais c’était plutôt la fin de ces interminables journées de prières qui me rendait folle de joie.Le matin de Pâques

Aujourd’hui, mes parents ont laissé tomber quelques rites religieux qu’ils m’imposaient, mais Pâques reste la fête la plus importante du calendrier liturgique et ils s’y préparent avec beaucoup de dévotion et d’ascétisme. Lorsque les enfants sont nés, nous avons donc décidé que nous passerions le congé de Pâques chez les McNeil. En Gaspésie, ça tombe en plein dans la saison de la pêche. C’est un moment de l’année grouillant, festif, un temps de bombance après le long hiver.L'arbre à oeufs

C’est vrai que c’est plus rigolo.

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