Les anges sont vaniteux – chapitre 111

Vendredi 27 février

Pauvre Peter, ça fait un moment qu’il parlait de quitter Sylvie, mais le passage à l’acte n’est jamais facile. C’est ce soir qu’il nous a enfin raconté ce qui a provoqué la rupture. Après notre départ à Cuba, Peter a annoncé à Sylvie que nous avions changé notre testament. C’est un euphémisme de dire qu’elle l’a mal pris. Selon elle, on l’avait reniée à cause du Superbowl.

Si ce n’était que ça…

Je me sens responsable du drame, même si franchement, je n’y vois que du positif. James, lui, ne décolère pas.James ne décolère pas

— Tu veux dire qu’elle a seulement regardé son nombril, a-t-il dit à David. Pas une seconde, elle n’a pensé aux enfants, à la peine qu’elle avait de ne plus être là pour eux ?

James devrait se montrer plus compréhensif. Il est tellement content que son petit frère soit débarrassé de ce dragon (que Dieu me pardonne) qu’il en oublie que c’est quand même une rupture amoureuse.

Peter a secoué la tête pour montrer qu’il était d’accord.

— J’ai essayé de faire dévier la conversation, de parler des enfants ou de votre liberté de choix, mais ça l’a rendue hystérique. Alors, je l’ai prise par les épaules pour la calmer.

C’était une mauvaise idée. Elle a pensé que Peter voulait l’attaquer et elle s’est défendue en lui lançant un chandelier à la figure. Il a à peine eu le temps de se pencher pour l’éviter.Chandelier

Bon boulot, collègue.

David a ressenti une sorte de déclic. Il a réalisé qu’ils étaient dans une spirale descendante et qu’il n’y avait plus d’issue. Il lui a dit « je pars, c’est fini ».

— Ça a dû la rendre folle, s’est inquiété James.

Plus folle que d’habitude, tu veux dire.

— Au contraire, elle m’a regardé sans broncher et elle a tourné les talons. Pendant que je préparais ma valise, j’ai entendu le bain couler.

— Tu n’as pas eu peur ? ai-je demandé.

— Peur de quoi ? D’elle ? Non. Je crois qu’elle aussi a réalisé que c’était trop, qu’il fallait que ça s’arrête.Ça s'arrête

James a demandé ce qui allait se passer maintenant.

— Ça fait six jours que je suis parti. On ne s’est pas reparlé. On n’est pas mariés, alors on n’aura pas besoin de divorcer, mais on va vendre la maison. Et je dois réfléchir à ce que je veux faire. Acheter un condo ou louer quelque chose.

— En tout cas, tu peux rester ici aussi longtemps que tu le veux, a proposé James en cherchant mon regard.

NON ! Je ne suis pas d’accord ! Anne travaille à la maison, bon sang ! Comment peut-elle prendre soin du beau-frère en plus de sa troupe ? Je vais porter plainte.Bon sang!

Évidemment, j’ai confirmé l’invitation de James. Pour que ça se passe bien, on organisé tout de suite son séjour. Il doit s’occuper de son linge, laver la salle de bain en bas et nous tenir au courant de son programme. Je ne veux pas qu’il me prenne pour sa logeuse.

Une fois au lit, on s’est enlacés comme si on avait besoin de s’accrocher l’un à l’autre. AccrochésCette histoire nous a secoués parce que c’est la première rupture qui touche un de nos proches. J’ai réalisé à quel point on était chanceux de s’avoir.

— C’est vrai : on n’a aucun mérite pour ça, a répondu James. Les gens croient qu’on doit « travailler » son couple. Je ne suis pas d’accord. C’est parce que je t’aime que je pardonne tes faiblesses.

— Oui et non. C’est facile de s’aimer quand tout va bien. Mais dans les mauvaises passes, on est tenté d’aller retrouver le grand frisson ailleurs.

— Tu veux dire que tu as déjà eu envie de me quitter ?

— Non, bien sûr. Justement parce que j’ai choisi de rester et de me « forcer » un peu.

James m’a regardé tristement.

—  Tu te forces pour m’aimer ?

— Pas du tout ! L’amour me vient tout seul. Mais quand on s’éloigne, je pratique la cécité volontaire pour ne plus voir ce qui m’agace chez toi et je surligne tes bons coups au marqueur fluo. Et ça marche parce que je retombe toujours en amour avec toi.

— Alors, c’est ça le cadeau : avoir envie de passer sa vie entière avec la même personne, malgré les bouts difficiles.

Anne aurait voulu demander à James s’il avait senti sa flamme faiblir lui aussi, mais j’ai détourné son attention. Il y a des moments où il faut arrêter de parler de l’amour et le faire.

L'amour en cadeau

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4 réflexions sur “Les anges sont vaniteux – chapitre 111

  1. Mettre fin à une relation doit être une expérience assez douloureuse, même s’il s’agit d’une relation tourmentée comme celle-là!

    ***

    Je ne comprends pas comment tu réussis à trouver des illustrations tellement parfaites pour tes textes! Félicitations! 😊

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