Les anges sont vaniteux – chapitre 38

Dimanche 21 septembre

Journée divine ! Après le cours de hip-hop des enfants, nous sommes allés pique-niquer au parc de l’Ange-Gardien.

J’aime le nom de ce village. Ça vous donne une envie de miracle. Je m’en suis offert un petit, du genre qui ressemble à une coïncidence.

Au retour, on est passés devant la maison de Dominique alors qu’elle était en train de tondre. On s’est arrêtés.Dominique tond

— Vous allez où ? a-t-elle demandé en rentrant la tête dans la voiture pour faire le décompte des enfants.

— Chez nous. On a pique-niqué à l’Ange-Gardien.

— Voulez-vous venir prendre une bière ?

Visiblement, elle cherchait une excuse pour ramasser son barda. Je lui aurais bien donné la permission de remettre la tondeuse dans le cabanon, mais les enfants frôlaient la crise de nerfs.

— Ils doivent faire leurs siestes, ai-je répondu en augmentant le volume pour couvrir les hurlements de protestations.

— Oui, les miens aussi.

J’ai entendu le bruit des espoirs qui se dégonflaient à l’arrière. Dominique a repris :

— Allez les coucher et quand ils se lèveront, revenez souper. On va faire un barbecue pour profiter du beau temps qui reste.

L'appel du charcoal

James m’a regardé avec le sourire du gars qui entend l’appel du charcoal. J’avais plus de scrupules.

— Tu es sûre ? Ça va faire beaucoup de monde.

— C’est beaucoup plus facile d’avoir huit enfants, dont cinq qui sont contents de montrer leurs magnifiques jouets que d’en avoir juste trois qui n’ont rien envie de faire à part se battre.

Les enfants se battent

L’argument m’a convaincue. Il faut dire que je veux voir nos familles devenir amies. Depuis qu’on est à Boischatel, on n’a rencontré personne et ça me désole. C’est vrai qu’on n’avait pas vraiment d’amis avant non plus. On les avait tous perdus en faisant des bébés avant eux et on n’avait pas eu le temps d’en trouver des nouveaux. Mais maintenant que les enfants ont poussé, on a de nouveau la tête à voir ce qui se passe ailleurs.

J’ai adoré notre soirée. Je connaissais déjà Samuel et Benjamin. Les jumeaux Ève et Louis sont mignons à croquer. Thomas, leur grand, est un fédérateur. Ça paraît qu’une trâlée le suit.

— Ça, c’est un grand frère, m’a dit Lionel avec des yeux brillants d’envie.

Petit chou ! Il ne réalise pas qu’il est un grand frère lui aussi !

Le grand frère

Nous sommes restés jusqu’à 7 h 30, parce que Roger a reçu un appel de l’hôpital. En rentrant dans la voiture, Raoul a dit d’une voix endormie que c’était la plus belle journée de sa vie. De sa très longue vie de quatre ans…

Tout le monde a apprécié la soirée, même James qui a de plus en plus de mal à se lier en vieillissant. Anne, leurs enfants, son frère Peter, Pascal et les Gaspésiens avec qui il joue au poker lui suffisent. Il ne sait pas où il trouverait le temps d’élargir son cercle d’amis.

L’histoire est toute différente pour Anne qui n’a que des collègues de travail virtuels. Elle rêve de voir plus de monde — lire plus d’adultes —, mais elle doit admettre que leur emploi du temps est très chargé. Voilà pourquoi je tenais tellement à ce qu’elle rencontre Dominique qui a des heures libres en journée et une famille qui peut combler les besoins de sa tribu. Les enfants se sont bien entendu, Raoul et Benjamin d’abord, puis Lionel et Samuel. Maintenant que les papas font ami-ami, je peux laisser rouler. En rentrant, Anne a soupiré qu’elle était au paradis. Ça m’a fait rudement plaisir.

Rudement plaisir

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