Les anges sont vaniteux – chapitre 26

Vendredi 29 août

C’est une journée où il pleut à boire debout. Comment faire une jolie photo d’autobus avec cet arrière-plan de chutes Niagara ? Tant pis, nous nous sommes serrés à cinq sous un grand parapluie multicolore et nous avons attendu à l’arrêt en chantant.

Heureux sous la pluieNotre voisine qui travaille à l’Hôtel de Ville nous a adressé un « bonne chance » inquiétant. Elle a traversé la rue avec un sourire affable :

— Hier, des chauffeurs sont venus chercher des plans. Ils ne viennent pas d’ici et ne connaissent pas le coin.

L’humidité, l’impatience des enfants et cette mise en garde affectueuse ont commencé à effriter mon optimisme. Et si nous tombions sur un chauffeur myope incapable d’apercevoir la robe à froufrous d’Agathe ou le sac à dos rouge de Lionel ?

L’attente a duré une bonne demi-heure. Nous habitons une rue en pente qui nous permet d’observer le trafic en haut et en bas. Nous avons vu plusieurs autobus scolaires, mais aucun ne s’est engagé dans notre direction. JAMAIS. La tension est montée entre les trois petits tandis que le climat se dégradait entre les deux grands.

À huit heures, la nervosité était à son comble. James a pris les trois enfants dégoulinants sous le bras, les a chargés dans la voiture et est parti faire la tournée de la garderie et des écoles. Agathe pleurait à chaudes larmes, Lionel attendait que la tempête passe, Raoul voulait sautiller avec ses grenouilles, et leurs parents étaient d’une humeur massacrante.

Raoul chez les grenouilles

J’étais presque soulagée de ne pas prendre de photo.

Un peu plus tard, James m’a appelée pour me donner des nouvelles. Notre chauffeur, n’ayant pas cru bon de vérifier son parcours la veille, est arrivé à l’école très en retard, et ce, en ayant oublié beaucoup d’arrêts, dixit la secrétaire pleine de compassion qui a informé la foule de parents révoltés. J’aurais aimé jaser plus avec James, mais il était 9 h 45 et je devais aller chercher Lionel.

La maîtresse m’a annoncé d’un ton pète-sec que c’était à moi de fournir une collation pour l’avant-midi. Elle m’a appris que depuis deux jours, elle donnait une pomme à mon fils et que je devais prendre le relais. Je n’ai pas pensé qu’il était indispensable que Lionel mange entre 8 h et 10 h.

Je bénis le ciel que cette étape de la rentrée progressive soit terminée. Mardi matin, mes deux grands iront à l’école en autobus jusqu’à 11 h 18. Enfin, je l’espère.

De toutes les couleurs

Je ne pensais pas que la rentrée scolaire était un tel parcours du combattant. J’avais écouté d’une oreille distraite les conseils des collègues en trouvant qu’ils exagéraient franchement. Mon humilité vient de passer au tordeur.

Mais je vais me ressaisir. Mardi, je serai plus alerte et avec le talent qu’on me connaît, ça devrait aller mieux. En attendant, je vais m’appliquer à préparer une belle fin de semaine pour Anne et sa famille. Ils doivent reprendre des forces.

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