L’épicerie de l’émissaire

J’haïs faire mon épicerie. C’est la tâche ménagère que je déteste le plus. Je préfère laver toutes les toilettes de la maison plutôt que d’aller acheter une pinte de lait. Heureusement, mes enfants ont maintenant leur permis de conduire. Ma fille roule depuis deux ans, ce qui veut dire qu’elle fait la baboune si je lui demande de rapporter une tomate. 

Mon fils, lui, a un permis tout neuf alors il est encore dans le texto :

« Maman, je rentre. As-tu besoin de quelque chose ? »

Oui, c’est un temps béni. Comme l’époque des premiers sourires ou du premier jour d’école. Mais, comme dans l’expression « bons enfants », il y a le mot « enfant », cette autonomie du fils ne vient pas forcément avec la liberté de la mère.

Aujourd’hui, je veux faire des pokés pour souper. Ma liste est compliquée : du mirin, du riz calrose et d’autres aliments dont je ne maîtrise pas bien l’orthographe.

Je me suis assise avec un travail de couture et mon téléphone pendant que mon jeune émissaire partait conquérir la planète Asie. Il m’a envoyé une dizaine de textos et m’a appelée trois fois. La dernière, c’était pour me dire qu’il rentrait à la maison avec TOUTE ma liste ! 

Je me sens comme si mon fils venait de faire ses premiers pas. Non, comme si c’est moi qui venais de faire mes premiers pas sur la lune. Fière, mais fatiguée.

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3 réflexions sur “L’épicerie de l’émissaire

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