Les anges sont vaniteux – chapitre 159

Dimanche 17 mai

Ce matin, on a invité ma famille pour le brunch de la fête des Mères. En arrivant, maman m’a dit que nous recevrions notre cadeau d’hôtesse dans le courant de la semaine. Papa et elle se sont amusés à nous faire deviner ce que ça pouvait bien être.

— À l’intérieur, à l’extérieur ? En bois, en métal, en tissus ?

On a fini par dire n’importe quoi et c’est ainsi que nous en sommes arrivés aux bêtises les plus improbables.

— Un voyage en Europe, une Lamborghini, un poney (ça, c’est Agathe qui l’a proposé).

On est tombé dessus par hasard : un barbecue en acier inoxydable. L’excitation passée, nous avons demandé la raison d’un si gros cadeau.

— Parce que le vôtre est mort, a expliqué papa avec son économie de mots habituelle.

— Et parce que nous avions envie de vous gâter un peu, a ajouté maman. C’est la fête des Mères pour toi aussi et tu es une très bonne mère.

J’ai enlacé mes parents, la gorge nouée par l’émotion.

Je n’avais jamais vu Anne émue grâce à sa mère. C’était sublime.

Agathe est restée de marbre devant cet étalage de bons sentiments.

— J’aurais préféré un poney.

Mes grands-parents nous ont aussi donné un cadeau : cinq plants de pivoines. Mamie m’a appris que cette espèce de plante vivait très longtemps.

— Denise, du Cercle des Fermières, m’a dit qu’elle avait un plant qui avait appartenu à sa grand-mère. Comme vous venez d’acheter une maison, ça serait une bonne idée de planter des fleurs qui vous feraient penser à nous après notre mort.

Ma mère avait mis la table, ma grand-mère m’a cueillie. J’ai carrément pleuré en les embrassant. Mon Dieu, faites que je survive à leur départ.

J’y veillerai.

J’ai regardé mes parents, mes grands-parents et James qui riaient des blagues des enfants et j’ai ressenti une bouffée d’amour pour nos trois générations réunies. Je suis la fille, la mère et la femme de quelqu’un. J’ai trouvé ma place dans le monde.

Anne admet enfin que sa mère est une formidable grand-mère qui prend de l’assurance avec le temps. Aujourd’hui, Adélaïde s’occupe magnifiquement de ses trois petits-enfants et ne se plaint jamais quand Anne sollicite son aide. Son père reste réservé, mais sa patience d’ange (c’est bien vrai !) comble son manque d’imagination. Agathe, Lionel et Raoul adorent leurs grands-parents maternels et cet amour rayonne sur Anne. À travers leurs yeux, elle découvre certaines qualités d’Adélaïde et de Jean-Eude qu’elle n’avait jamais soupçonnées.

 

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2 réflexions sur “Les anges sont vaniteux – chapitre 159

  1. « J’ai regardé mes parents, mes grands-parents et James qui riaient des blagues des enfants et j’ai ressenti une bouffée d’amour pour nos trois générations réunies. Je suis la fille, la mère et la femme de quelqu’un. J’ai trouvé ma place dans le monde ».

    On est parfois plus heureux que l’on imagine!

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