D’autres nouvelles de ma petite soeur

Chers amis lecteurs,

Je découvre pratiquement en même temps que vous le dernier courriel de ma sœur où elle donne de ses nouvelles. Il n’y a rien de nouveau pour moi parce que je lui parle régulièrement et que j’assiste à ses chimios aussi souvent que je peux (quand la place est libre, en fait), mais ça m’a quand même tiré une larme. Son courage me bouleverse.

Je ne vois pas ma sœur malade ou diminuée. Elle est exactement la même malgré la mutinerie qui a éclaté dans ses cellules. Bien sûr, elle est fatiguée et elle a perdu une lichette de cheveux, mais elle a gardé son énergie, son humour et son moral. Elle raconte toujours des histoires banales qui, grâce à une succession de rebondissements à la Dan Brown, deviennent des romans-fleuves passionnants. Elle parle d’autre chose que du cancer, promène son chien, voit ses amis et va au cinéma. Surtout, elle prend soin des siens, malgré une réelle baisse d’énergie.

Tout le monde l’aime à l’hôpital. Je le vois, les infirmières arrivent toujours à son fauteuil avec le sourire aux lèvres et une blague à raconter.

Je le répète : elle est un modèle. Je suis si fière d’elle !

chez-meme

Je vous laisse avec son mot et sa carte de Noël. Avouez que c’est la meilleure dessinatrice au monde !

Voeux de la famille Hubert Ouellette

Ami(e),

Je profite de Noël qui s’essuie les bottes avant de rentrer par la cheminée pour te donner des petites nouvelles pis t’offrir mes souhaits.

Les nouvelles, j’hésitais un peu… Je voulais pas être cette fille qui documente chaque micro détails de son histoire personnelle… Mais depuis les derniers mois, tu m’as écrit, toi ou un autre, (si tu l’as pas fait, inquiète-toi pas – pour vrai – des fois on se culpabilise pour rien !) pour me demander comment j’allais, pour m’encourager et tout ça. Ta compassion a été grande – ça m’a beaucoup touchée – pis à chaque fois, j’ai pris le temps (mais souvent avec un retard indécent) pour te répondre (pis, en plus, j’avoue que, des fois, j’ai fait des copier-coller !). Aujourd’hui, parce qu’on s’enligne dans le grand marathon annuel des guirlandes et des tourtières pis que je vois déjà l’énergie que ça va demander, j’ai décidé de me gérer pis de t’écrire, à toi, mais aussi à tous les autres en même temps.

J’espère que tu m’en veux pas.

Si jamais tu trouves ça lourd, je suis désolée. Pour vrai !

Pis si jamais tu trouves ça lourd pis que t’es encore en train de lire ce statut que tu trouves lourd, je souhaite qu’une fée se penche sur toi dans ton sommeil pour te saupoudrer dans la face une pluie d’étoiles de joie !

Fait que c’est ça.

En gros, je vais bien.

J’ai plein de bonnes nouvelles.

En quatre traitements de chimio, la masse est passée de 5 par 5 (on parle de cm) à 3 par 3, à 1,5 par 1,5, à… imperceptible ! Au toucher, donc, plus rien ! C’est pas beau, ça ?!

Je vais toujours être opérée en février. Probablement quelque part autour de la St-Valentin.

Parce que, malgré les avancées technologiques, la machine la plus puissante pour détecter la présence du cancer reste l’humain.

Côté cheveux, j’étais prête. J’avais ma perruque et des tonnes de chapeaux… Or, il se trouve que je fais partie des quelques miraculés capillaires. Le bonnet réfrigérant a sauvé la plus grande part de ma tignasse que j’avais déjà coupée en coupe garçonne en prévision de sa disparition. J’en ai tout de même perdu beaucoup, mais comme j’en avais énormément, il m’en reste, disons, moyennement. Du moins, assez pour marcher tête nue ! On a beau se montrer résolue, comme dans beaucoup de choses de la vie, le regard des autres reste quelque chose d’un peu pesant.

Les trois premières chimios se sont assez bien passées : de la fatigue, quelques nausées, des petits problèmes gastriques, sans plus. Tel que prévu dans le protocole, on m’a donné un nouveau médicament au quatrième traitement. C’est là que j’ai mangé ma volée : beaucoup de douleur, plein de petits boutons (comme la varicelle, ben oui !), intérieur de la bouche brûlé, fatigue, fatigue, fatigue, fatigue, fatigue… J’attendais de reprendre des forces pour attraper mon oncologue à la gorge et l’invectiver de bêtises… J’ai fini par le voir la semaine dernière, sans l’agresser, bien sûr. Il a été très compréhensif et a changé son fusil d’épaule. Pour faire court, j’aurai des traitements moins toxiques, mais plus souvent. Il m’a même donné congé pour le temps des fêtes ! À la rentrée en janvier, il me restera 5 traitements de chimio à recevoir chaque semaine.

La fatigue reste le nerf de la guerre.

On m’a beaucoup dit au début que c’était une course d’endurance.

C’est tellement vrai.

Chaque chimio gruge un peu plus ma réserve d’énergie. Les mauvaises journées, c’est un peu effrayant. Je suis génétiquement du type, quand j’ai le rhume, à penser que je vais rester malade toute ma vie. Imagine avec le cancer !

Mais heureusement, il y a beaucoup, beaucoup plus de bonnes journées. C’est beaucoup, beaucoup grâce à Jean-Sébastien et les enfants (et le chien Winston) qui traversent avec moi cette tempête. La maladie n’attaque pas leurs cellules, certes, mais ils la subissent, bien sûr ; notre combat est commun et ils sont merveilleux ! (Je le dis souvent, mais c’est vrai !)

Voilà pour les nouvelles !

Maintenant les souhaits.

On sait tous que 2016 a été pour beaucoup de monde une année de marde. Pour moi aussi (je te rappelle qu’en mars dernier, je me suis cassée la jambe !). Malgré tout, cette année m’a apporté beaucoup de joie. Je le dis juste parce que ce serait ingrat de pas le reconnaître.

Cela dit, je souhaite que 2017 soit, pour toi comme pour moi, l’année de la guérison. De la guérison et de la lumière. Parce qu’on a tous quelque chose à guérir pis quelque chose à éclairer. Je te souhaite de beaux défis motivants, stimulants, excitants. Je te souhaite de la chaleur pis de l’harmonie. Mais avant ça, je te souhaite à toi, mon ami (e), un Noël plein de moments qui réchauffent le cœur, avec les gens que tu aimes pis sans trop de stress. Enfin je nous souhaite collectivement un monde plus tolérant et ouvert, avec moins de haine, moins de trolls pis moins de fautes d’orthographe. Bonheur et paix pour toi, mon ami(e) ! Je t’embrasse.

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4 réflexions sur “D’autres nouvelles de ma petite soeur

  1. Ma chère, tu mérites aussi toutes les félicitations pour être toujours là pour ta soeur! Mes plus sincères félicitations à I. pour ces si bonnes nouvelles! Je me souviens de ta soeur chez toi, dans l’appartement de Québec, et de notre conversation sur les accents de la langue française… et aussi du portugais… Te souviens-tu? Vous êtes tous très gentilles et je suis très heureux de savoir qu’elle va mieux! Tu lui transmettra mes voeux de bonnes fêtes et d’un 2017 très riche de santé!

    Et à tous les lectrices et lecteurs de l’Orée, un merveilleux Noël et un 2017 encore mieux, plein d’amour, de paix et de joie! De la chaleur des tropiques, gros becs à tous et à toutes!

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    1. Je me souviens bien de ces moments que nous avons passés ensemble, dans la chaleur de l’été ou la fraîcheur de l’automne au Québec et le froid humide de l’Autriche. Nos moments ensemble sont rares, mais enrichissent notre vieille amitié!
      Je transmets tes souhaits à ma petite soeur.
      Tu embrasseras tous mes amis brésiliens pour moi en gardant un bec pour le plus précieux d’entre tous : toi!

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